ce bébé là est arrivé juste comme il faut. juste le bon jour, juste la bonne heure.
la journée s'est étiré de papotage en contraction. on a ri, on a mangé, alors que le col finissait son ouverture.
dans le miroir, j'ai montré à la maman comment son bassin s'ouvrait, laissant la place pour la descente de son enfant.
et puis, dans les bras du papa, elle a mis au monde son bébé, encore tranquille dans sa poche intacte. tableau étrange sans doute, d'une sage-femme accroupie, les mains posées, inutiles, et de cet enfant enveloppé naissant tranquille, guidé uniquement par le souffle de sa maman.
on est un peu folle quand on est sf aad. la fatigue, la solitude, la difficulté de gérer famille et boulot. et puis un regard, un souffle, une image, et l'envie de recommencer, le manque de ces sensations là. accro, je vous dis.
jeudi 26 septembre 2019
lundi 5 juin 2017
tempo
ce bébé là prend son temps...
la date ultime est passée depuis quelques jours mais pour lui, le moment n'est pas encore venu. il fignole, tergiverse, attend le moment parfait...
et puis une nuit, enfin, l'appel attendu, "je pense que tu peux venir..."
mais ce bébé prend encore son temps... arrête les contractions, oblige sa maman à se reposer, à prendre le temps d'être enceinte, encore un peu...
le jour amène à nouveau ces vagues intenses qui annoncent sa naissance. tranquillement, sans précipitation....
on fait un tour dans le quartier pour profiter du soleil et du chant des oiseaux. on revient prendre un thé, on discute entre 2 contractions. on repart pour un longue promenade, choisissant les rues qui montent et descendent. les vagues sont plus fortes, la discussion se fait plus rare, ce bébé semble enfin décider à naître...
et puis les vagues se font puissantes.
et puis la poche des eaux se rompt.
et puis le bébé descend.
une demi journée après l'appel, le voilà qui nait, enfin.
il a choisi son moment, il a choisi son temps pour naître. il a décidé de donner tort aux échographies et aux manuels. et tout va bien.
la date ultime est passée depuis quelques jours mais pour lui, le moment n'est pas encore venu. il fignole, tergiverse, attend le moment parfait...
et puis une nuit, enfin, l'appel attendu, "je pense que tu peux venir..."
mais ce bébé prend encore son temps... arrête les contractions, oblige sa maman à se reposer, à prendre le temps d'être enceinte, encore un peu...
le jour amène à nouveau ces vagues intenses qui annoncent sa naissance. tranquillement, sans précipitation....
on fait un tour dans le quartier pour profiter du soleil et du chant des oiseaux. on revient prendre un thé, on discute entre 2 contractions. on repart pour un longue promenade, choisissant les rues qui montent et descendent. les vagues sont plus fortes, la discussion se fait plus rare, ce bébé semble enfin décider à naître...
et puis les vagues se font puissantes.
et puis la poche des eaux se rompt.
et puis le bébé descend.
une demi journée après l'appel, le voilà qui nait, enfin.
il a choisi son moment, il a choisi son temps pour naître. il a décidé de donner tort aux échographies et aux manuels. et tout va bien.
dimanche 20 novembre 2016
un matin, bis...
le jour s'est levé mais il est encore tôt. suffisamment tôt pour que la grande artère commerçante soit encore quasiment déserte. je pose mes affaires dans la voiture et la déplace avant l'arrivée des premiers clients en effervescence pour ce dernier mois avant noel...
la nuit a été quasiment blanche et je préfère marcher un peu avant de reprendre la route. les rares passants que je croise sont pressés... je flâne en prenant le temps d'observer, pour une fois, les belles façades du centre ville. je reste encore en un peu dans l'euphorie de cette nuit... j'ai encore la sensation de ce petit corps qui glisse dans mes mains, les larmes des parents , les miennes un peu aussi... cette magie-là dont je ne me lasse pas et que j'essaie de garder un peu intact avant de repartir dans la circulation du week-end.
je m'arrête un instant acheter de quoi petit déjeuner en regardant les vitrines décorées pour les fêtes. l'adrénaline est retombée et j'ai faim... la fatigue se fera sentir aussi sous peu. j'ai craint un moment que ce bébé ne naîtrait pas chez lui... et puis finalement il a vu le jour dans la pénombre de la chambre de ses parents, veillé par son futur compagnon à 4 pattes, discret mais bien présent, peu stressé par l'agrandissement de sa famille...
il est temps de rentrer, de dormir... demain je reviendrais voir si tout le monde se porte bien. en attendant, mes compagnons à 4 pattes à moi doivent réclamer leur pitance matinale à la maison!
la nuit a été quasiment blanche et je préfère marcher un peu avant de reprendre la route. les rares passants que je croise sont pressés... je flâne en prenant le temps d'observer, pour une fois, les belles façades du centre ville. je reste encore en un peu dans l'euphorie de cette nuit... j'ai encore la sensation de ce petit corps qui glisse dans mes mains, les larmes des parents , les miennes un peu aussi... cette magie-là dont je ne me lasse pas et que j'essaie de garder un peu intact avant de repartir dans la circulation du week-end.
je m'arrête un instant acheter de quoi petit déjeuner en regardant les vitrines décorées pour les fêtes. l'adrénaline est retombée et j'ai faim... la fatigue se fera sentir aussi sous peu. j'ai craint un moment que ce bébé ne naîtrait pas chez lui... et puis finalement il a vu le jour dans la pénombre de la chambre de ses parents, veillé par son futur compagnon à 4 pattes, discret mais bien présent, peu stressé par l'agrandissement de sa famille...
il est temps de rentrer, de dormir... demain je reviendrais voir si tout le monde se porte bien. en attendant, mes compagnons à 4 pattes à moi doivent réclamer leur pitance matinale à la maison!
samedi 10 septembre 2016
un matin...
c'est le petit matin et les rares bâtiments que je croise se découpent en noir sur le ciel pâle... je croise des lapins, ou des lièvres, on m'a dit récemment que les lapins avaient un terrier et les lièvres non, et
que donc a priori, les longues-oreilles que je croise à cette heure devaient être des lièvres... je croise aussi, parfois, des chevreuils ou des hérissons, plus rarement des sangliers...
c'est le petit matin et je viens de laisser mon fils ensommeillé chez une amie. le papa m'a appelé un peu avant 5h du matin, cela fait une semaine qu'elle enchaine les faux travails, mais les contractions là sont différentes...
c'est le petit matin et c'est 42SA. ma limite pour l'accouchement, pour la poursuite de la grossesse. cela fait 2 jours que la maternité où elle est inscrite harcèle, menace, pour déclencher. aucune discussion posée là dedans. c'est à coup de "c'est le protocole" et autres "votre bébé va mourir" qu'ils ont tenté de mettre la pression. pas de place là dedans pour un éventuel consentement éclairé, pour le libre arbitre du couple. pourtant , les parents ont été très clairs: ils refusent tout déclenchement avant 42SA, sauf, évidemment, si le bébé montrait des signes de souffrance avant. ce qui n'a pas été le cas...
c'est le petit matin et j'aurais aimé que cela se passe mieux. que nous puissions, la maternité et moi, assurer le suivi de dépassement de terme sans stress et en collègues. j'aurais aimé avoir un compte rendu des monitos et échos réalisés là bas. j'aurais aimé...
c'est le petit matin et j'aborde le dernier virage. je fais attention à ne pas rater l'entrée du hameau, le portail est ouvert, le papa m'attend devant la maison.
"elle est née il y a 2 minutes!"
que donc a priori, les longues-oreilles que je croise à cette heure devaient être des lièvres... je croise aussi, parfois, des chevreuils ou des hérissons, plus rarement des sangliers...
c'est le petit matin et je viens de laisser mon fils ensommeillé chez une amie. le papa m'a appelé un peu avant 5h du matin, cela fait une semaine qu'elle enchaine les faux travails, mais les contractions là sont différentes...
c'est le petit matin et c'est 42SA. ma limite pour l'accouchement, pour la poursuite de la grossesse. cela fait 2 jours que la maternité où elle est inscrite harcèle, menace, pour déclencher. aucune discussion posée là dedans. c'est à coup de "c'est le protocole" et autres "votre bébé va mourir" qu'ils ont tenté de mettre la pression. pas de place là dedans pour un éventuel consentement éclairé, pour le libre arbitre du couple. pourtant , les parents ont été très clairs: ils refusent tout déclenchement avant 42SA, sauf, évidemment, si le bébé montrait des signes de souffrance avant. ce qui n'a pas été le cas...
c'est le petit matin et j'aurais aimé que cela se passe mieux. que nous puissions, la maternité et moi, assurer le suivi de dépassement de terme sans stress et en collègues. j'aurais aimé avoir un compte rendu des monitos et échos réalisés là bas. j'aurais aimé...
c'est le petit matin et j'aborde le dernier virage. je fais attention à ne pas rater l'entrée du hameau, le portail est ouvert, le papa m'attend devant la maison.
"elle est née il y a 2 minutes!"
vendredi 1 janvier 2016
acceuilli!
le quartier est le plus défavorisé de la petite ville. une cité où la mairie a repeint les façades pour que ça fasse plus joli quand on passe. mais l'intérieur des immeubles témoigne de leur vétusté. tout ce joli extérieur n'est que poudre aux yeux. ici les mots chômage, CMU et RSA prennent tout leur sens...
ce boutchou là a voulu faire une surprise à ses parents. personne ne s'imaginait accueillir un petit frère à noel. et pourtant, ce sont 4kg de bonheur qui ont pris tout le monde de court.
dans le quartier, sinon la nouvelle annoncée, tout le monde s'est mobilisé. ce sont pas moins de 3 valises de vêtements, une poussette et tant d'autres choses indispensables qui ont été donnés à la famille.
le premier jour de l'année, dans l'appartement surchauffé pour que le bébé n'ait pas froid, je trouve 2 grands frères avec des étoiles dans les yeux et des parents aux grands sourires.
"c'est un vrai bonheur qu'il soit là!" me dit-on.
bonne année!
ce boutchou là a voulu faire une surprise à ses parents. personne ne s'imaginait accueillir un petit frère à noel. et pourtant, ce sont 4kg de bonheur qui ont pris tout le monde de court.
dans le quartier, sinon la nouvelle annoncée, tout le monde s'est mobilisé. ce sont pas moins de 3 valises de vêtements, une poussette et tant d'autres choses indispensables qui ont été donnés à la famille.
le premier jour de l'année, dans l'appartement surchauffé pour que le bébé n'ait pas froid, je trouve 2 grands frères avec des étoiles dans les yeux et des parents aux grands sourires.
"c'est un vrai bonheur qu'il soit là!" me dit-on.
bonne année!
samedi 24 octobre 2015
paradoxe
elle a accouché il y a quelques jours, et le carnet de santé raconte une belle histoire: un accouchement rapide, sans péri, un bébé en pleine forme...
"dites donc, il s'est très bien passé votre accouchement!"
silence.
je me retourne.
elle pleure.
en fait non. en fait elle la voulait la péri. déjà pour le premier elle est arrivée trop tard. alors là elle est venue dès la première contraction! mais non, l'équipe était débordée, et quand enfin elle aurait pu l'avoir, il était trop tard.
parfois l'idéal de l'une est bien éloigné de l'idéal de l'autre.
elle aura au moins pu le dire. au moins pleurer alors qu'autour d'elle tout le monde se demande pourquoi elle est triste.
"dites donc, il s'est très bien passé votre accouchement!"
silence.
je me retourne.
elle pleure.
en fait non. en fait elle la voulait la péri. déjà pour le premier elle est arrivée trop tard. alors là elle est venue dès la première contraction! mais non, l'équipe était débordée, et quand enfin elle aurait pu l'avoir, il était trop tard.
parfois l'idéal de l'une est bien éloigné de l'idéal de l'autre.
elle aura au moins pu le dire. au moins pleurer alors qu'autour d'elle tout le monde se demande pourquoi elle est triste.
samedi 3 octobre 2015
SMAM
elle avait prévu de reprendre le travail en allaitant. côté boulot, ça ne posait pas de souci : elle bosse dans les locaux de Super PMI Pro Allaitement.
c'était sans compter sur la crèche.
dont je connais bien la directrice, qui dirigeait la crèche familiale quand mon fils y était.
celle qui a ouvert des grands yeux quand j'ai parlé d'emmener des bibs de lait congelé et des couches lavables.
(je vous rassure, ma nounou était top et a géré nickel. elle, ça ne lui faisait pas peur!)
mais là, plus de crèche familiale, c'est un multi accueil.
et le protocole d'accueil des enfants allaités témoigne de la méconnaissance du personnel quant à l'allaitemement...
décapage des seins (ben oui, on sait jamais, si de vilaines bactéries se mettaient dans le lait)
préférer le lait frais au lait congelé
panique à bord quand la maman arrive avec le bib, faut le mettre au frigo dans les 5mn, sait-on jamais!
panique quand elle emmène ce lait dans des sachets de conservation (à dire vrai, la directrice ne savais même pas que ça existait - elle croyait que la maman parlait de sachets de congélation basiques)
bref...
récemment une patiente allaitante, en formation d'ass mat, m'a raconté la partie allaitement maternel:
- inciter les mamans à sevrer
- si le lait se sépare en 2 phases il faut le jeter
et je vous en passe...
bref, ya encore du boulot.
le thème de la SMAM cette année? allaitement et travail...
je vais appeler la PMI et voir si on ne peut pas faire une séance d'info à la crèche et aux ass mat...
c'était sans compter sur la crèche.
dont je connais bien la directrice, qui dirigeait la crèche familiale quand mon fils y était.
celle qui a ouvert des grands yeux quand j'ai parlé d'emmener des bibs de lait congelé et des couches lavables.
(je vous rassure, ma nounou était top et a géré nickel. elle, ça ne lui faisait pas peur!)
mais là, plus de crèche familiale, c'est un multi accueil.
et le protocole d'accueil des enfants allaités témoigne de la méconnaissance du personnel quant à l'allaitemement...
décapage des seins (ben oui, on sait jamais, si de vilaines bactéries se mettaient dans le lait)
préférer le lait frais au lait congelé
panique à bord quand la maman arrive avec le bib, faut le mettre au frigo dans les 5mn, sait-on jamais!
panique quand elle emmène ce lait dans des sachets de conservation (à dire vrai, la directrice ne savais même pas que ça existait - elle croyait que la maman parlait de sachets de congélation basiques)
bref...
récemment une patiente allaitante, en formation d'ass mat, m'a raconté la partie allaitement maternel:
- inciter les mamans à sevrer
- si le lait se sépare en 2 phases il faut le jeter
et je vous en passe...
bref, ya encore du boulot.
le thème de la SMAM cette année? allaitement et travail...
je vais appeler la PMI et voir si on ne peut pas faire une séance d'info à la crèche et aux ass mat...
lundi 14 septembre 2015
1 an...
il y a 1 an que ma vie a commencé à changer. il a suffit d'une nuit pour que tout bascule, une nuit pour que mon métier prenne un autre tournant.
ça a passé si vite. j'ai l'impression d'être là depuis des années. les hésitations du début ne sont plus là. les patientes , elles, sont là. je n'en manque pas. leur confiance me touche, alors j'essaie de trouver des solutions, des réponses même quand je suis aussi perdue qu'elles. je sais que certaines me font de la pub, parce que j'ai des appels de copines/belles soeurs de... c'est chouette. certaines se mettent à me tutoyer, tout naturellement. avouons le, quand je sais tout de leur vie intime, au bout d'un moment, je peux comprendre et ça ne me choque pas!
bref, je n'ai aucun regret. petit ange tout là haut, que je suis triste que tu sois parti, mais visiblement, tu ne veilles pas que sur tes parents...
ça a passé si vite. j'ai l'impression d'être là depuis des années. les hésitations du début ne sont plus là. les patientes , elles, sont là. je n'en manque pas. leur confiance me touche, alors j'essaie de trouver des solutions, des réponses même quand je suis aussi perdue qu'elles. je sais que certaines me font de la pub, parce que j'ai des appels de copines/belles soeurs de... c'est chouette. certaines se mettent à me tutoyer, tout naturellement. avouons le, quand je sais tout de leur vie intime, au bout d'un moment, je peux comprendre et ça ne me choque pas!
bref, je n'ai aucun regret. petit ange tout là haut, que je suis triste que tu sois parti, mais visiblement, tu ne veilles pas que sur tes parents...
dimanche 9 août 2015
DIU
mes mains tremblent un peu.
j'ai quand même regarder le mode d'emploi.
le bouton en haut pour que le petit T rentre ses 2 bras dans le tube.
et puis le bouton en bas quand je serais prête à le mettre en place.
elle ne s'est rendu compte de rien.
elle me connaît bien, et me fait confiance.
ce petit T, c'est l'assurance de quelques années de tranquillité.
on y va.
bouton en bas...
et hop!
"c'est déjà fini?"
hé oui! premier stérilet posé !
la prochaine fois, promis, je tremblerais moins!
j'ai quand même regarder le mode d'emploi.
le bouton en haut pour que le petit T rentre ses 2 bras dans le tube.
et puis le bouton en bas quand je serais prête à le mettre en place.
elle ne s'est rendu compte de rien.
elle me connaît bien, et me fait confiance.
ce petit T, c'est l'assurance de quelques années de tranquillité.
on y va.
bouton en bas...
et hop!
"c'est déjà fini?"
hé oui! premier stérilet posé !
la prochaine fois, promis, je tremblerais moins!
jeudi 16 juillet 2015
AAD
fin de journée. le soleil brille et même la voisine qui râle ne pourra pas ternir cette journée.
un bébé est né.
il est contre sa maman, recouvert d'un foulard de soie dans le grand lit. il est arrivé si vite que je n'ai pas eu le temps d'être là, mais qu'importe. tout va bien et c'est le principal, et le sourire sur le visage de sa maman vaut tous les mercis du monde.
je n'ai plus qu'à remplir les papiers, vérifier que tout va bien, examiner le bébé si serein.
je regrette juste qu'il est fallu voler du synto à la mater.
qu'elle n'ait rien pu dire à l'hôpital où elle a ouvert un dossier.
un jour, un jour...
un bébé est né.
il est contre sa maman, recouvert d'un foulard de soie dans le grand lit. il est arrivé si vite que je n'ai pas eu le temps d'être là, mais qu'importe. tout va bien et c'est le principal, et le sourire sur le visage de sa maman vaut tous les mercis du monde.
je n'ai plus qu'à remplir les papiers, vérifier que tout va bien, examiner le bébé si serein.
je regrette juste qu'il est fallu voler du synto à la mater.
qu'elle n'ait rien pu dire à l'hôpital où elle a ouvert un dossier.
un jour, un jour...
dimanche 14 juin 2015
catégorisée
en 3 mois, je me suis fait une bonne réputation.
celle de chieuse qui n'hésite pas à dire aux patientes qu'elle n'ait pas d'accord avec la conduite à tenir du gynéco.
celle qui cherche les recommandations officielles pour en parler avec les couples au lieu de dire amen parce que Môssieur le chef de service a décidé d'une césarienne.
celle qui ne trouve pas normal qu'on parle à sa patiente en l'infantilisant , et qu'on fasse une mauvaise écho pour justifier une prise en charge.
celle qui se démène pour faire faire une écho de contrôle ailleurs.
"ah votre sf, c'est sûr, c'est pas mme X, elle, elle ne se serait jamais permise ça!"
ben moi si.
je suis sf. pas juste bonne à faire des monitos 3 fois par semaine.
celle de chieuse qui n'hésite pas à dire aux patientes qu'elle n'ait pas d'accord avec la conduite à tenir du gynéco.
celle qui cherche les recommandations officielles pour en parler avec les couples au lieu de dire amen parce que Môssieur le chef de service a décidé d'une césarienne.
celle qui ne trouve pas normal qu'on parle à sa patiente en l'infantilisant , et qu'on fasse une mauvaise écho pour justifier une prise en charge.
celle qui se démène pour faire faire une écho de contrôle ailleurs.
"ah votre sf, c'est sûr, c'est pas mme X, elle, elle ne se serait jamais permise ça!"
ben moi si.
je suis sf. pas juste bonne à faire des monitos 3 fois par semaine.
vendredi 1 mai 2015
rééduc
cela fait plusieurs séances déjà qu'on se voit. qu'on bosse son périnée, ses abdos, mais pas que. on a beaucoup parlé, de la parentalité et de ses difficultés, de ses bébés qu'on aime mais qui ne sont pas toujours faciles à comprendre, de la solitude des jeunes mères dans notre société.
on pourrait arrêter là les séances parce que côté périnée, tout va bien, malgré les médicaments qui auraient pu l'altérer.
"mais moi j'ai besoin de venir encore un peu... ça me fait du bien!"
la dernière séance, elle m'a ramené un joli article sur mon métier, et un faire part.
j'aime ce côté là de mon métier, quand je soutiens, quand j'aide, quand je fais un peu plus que ce qui est prévu...
on pourrait arrêter là les séances parce que côté périnée, tout va bien, malgré les médicaments qui auraient pu l'altérer.
"mais moi j'ai besoin de venir encore un peu... ça me fait du bien!"
la dernière séance, elle m'a ramené un joli article sur mon métier, et un faire part.
j'aime ce côté là de mon métier, quand je soutiens, quand j'aide, quand je fais un peu plus que ce qui est prévu...
vendredi 24 avril 2015
je n'ai plus de chef
on me demande, souvent, comment je trouve le libéral.
une chose me rend heureuse par dessus tout.
je n'ai plus de chef.
plus personne pour vérifier mes dossiers.
pour me demander des comptes parce que je n'ai pas respecté tel ou tel protocole.
je peux dire ce que je pense, ça n'aura aucune conséquence.
et de toute façon, même quand ex-chef tente de me dénigrer devant MES patientes, c'est lui qui passe pour un con.
tant pis pour lui.
je ne rend des comptes qu'à mes patientes, et à moi même.
et ça fait du bieeeeeeeeeeeeeeen!!!
libérééééééée, délivrééééééééééée ...
une chose me rend heureuse par dessus tout.
je n'ai plus de chef.
plus personne pour vérifier mes dossiers.
pour me demander des comptes parce que je n'ai pas respecté tel ou tel protocole.
je peux dire ce que je pense, ça n'aura aucune conséquence.
et de toute façon, même quand ex-chef tente de me dénigrer devant MES patientes, c'est lui qui passe pour un con.
tant pis pour lui.
je ne rend des comptes qu'à mes patientes, et à moi même.
et ça fait du bieeeeeeeeeeeeeeen!!!
libérééééééée, délivrééééééééééée ...
jeudi 5 mars 2015
libre!
ça y est!
je vous avoue que la première patiente, je flageolais.
pis finalement, après avoir été terrorisée par "mon dieu votre placenta est sur le col hémorragie césarienne en urgence tout ça" par le grand chef de Ancienne Mater (oui, je t'imite, mme tilleul), elle est repartie un peu plus zen.
non parce que maintenant, je dis ce que je veux.
et j'ai pas peur de me faire souffler dans les bronches, na.
je fais des cours de prépa sur le périnée.
de la rééduc.
ah la rééduc !
quand je suis sortie de l'école, je pensais que la rééduc, c'était chiant, ça servait pas à grand chose, et puis c'était bon pour les sf proches de la retraite.
toutes mes excuses.
j'aime bien la rééduc, en fait.
et puis je peux suivre des femmes qui accouchent à domicile, aussi. parler allaitement long et cododo, sans qu'elles se sentent jugées.
je suis libre.
et c'est chouette!
je vous avoue que la première patiente, je flageolais.
pis finalement, après avoir été terrorisée par "mon dieu votre placenta est sur le col hémorragie césarienne en urgence tout ça" par le grand chef de Ancienne Mater (oui, je t'imite, mme tilleul), elle est repartie un peu plus zen.
non parce que maintenant, je dis ce que je veux.
et j'ai pas peur de me faire souffler dans les bronches, na.
je fais des cours de prépa sur le périnée.
de la rééduc.
ah la rééduc !
quand je suis sortie de l'école, je pensais que la rééduc, c'était chiant, ça servait pas à grand chose, et puis c'était bon pour les sf proches de la retraite.
toutes mes excuses.
j'aime bien la rééduc, en fait.
et puis je peux suivre des femmes qui accouchent à domicile, aussi. parler allaitement long et cododo, sans qu'elles se sentent jugées.
je suis libre.
et c'est chouette!
vendredi 21 novembre 2014
changement de programme
je sais, je n'ai pas écrit depuis longtemps.
parce que parfois, la vie de sage-femme vire à la mauvaise série du samedi soir.
parce que j'ai beaucoup pleuré, beaucoup douté. parce qu'à un moment, j'ai songé à arrêter, je me suis demandée si ça valait la peine.
il m'a fallu du temps, du soutien, du réconfort.
je suis toujours sage-femme.
je suis viscéralement sage-femme.
je ne peux pas être autre chose.
je vais quitter l'hôpital.
oh, je ne vais pas partir loin.
je vais garder les mêmes patientes.
je vais cesser les accouchements pour l'instant, c'est mon seul regret.
ce sera une autre vie, une autre façon d'exercer mon métier.
rien n'arrive par hasard, paraît-il... on verra...
je vous raconterais...
parce que parfois, la vie de sage-femme vire à la mauvaise série du samedi soir.
parce que j'ai beaucoup pleuré, beaucoup douté. parce qu'à un moment, j'ai songé à arrêter, je me suis demandée si ça valait la peine.
il m'a fallu du temps, du soutien, du réconfort.
je suis toujours sage-femme.
je suis viscéralement sage-femme.
je ne peux pas être autre chose.
je vais quitter l'hôpital.
oh, je ne vais pas partir loin.
je vais garder les mêmes patientes.
je vais cesser les accouchements pour l'instant, c'est mon seul regret.
ce sera une autre vie, une autre façon d'exercer mon métier.
rien n'arrive par hasard, paraît-il... on verra...
je vous raconterais...
mercredi 16 juillet 2014
ramadan
elle est voilée des pieds à la tête, visage dissimulé derrière un tissu noir...
je ferme à clé la salle de consultation. l'heure tardive a peu de chance d'amener un des gynécos dans le service, mais je ne prend pas de risque.
elle enlève, une par une, les couches qui la recouvrent. la dilatation est bien avancée déjà, et nous décidons de prendre le chemin de la salle de naissance...
on remet les couches, une par une, entre 2 contractions intenses...
et les enlevons sitôt en salle.
elle ne souhaite pas la moindre médicalisation, ainsi que son dieu le lui demande... je ne suis pas croyante, mais mon "dieu" à moi s'appelle physiologie, et ses souhaits me conviennent parfaitement... elle accepte mes massages qui soulagent le bas de son dos, et très vite son bébé pousse...
c'est tranquille qu'elle mettra au monde son enfant, qu'elle l'amènera à son sein...
et pour le retour dans la chambre, je ferais bien attention de recouvrir ses jambes et ses pieds sur la chaise roulante. comme je n'ai plus de chambre seule de libre, je l'installe dans la salle de préparation à la naissance, dans l'attente des sorties du lendemain... ainsi, elle peut ôter ses voiles et allaiter son petit sans craintes des regards extérieurs...
c'était un soir, à la tombée du jour, en plein ramadan... pas la même culture, pas la même croyance, pas les mêmes choix de vies... mais une jolie rencontre, et un respect mutuel pour une si belle naissance...
je ferme à clé la salle de consultation. l'heure tardive a peu de chance d'amener un des gynécos dans le service, mais je ne prend pas de risque.
elle enlève, une par une, les couches qui la recouvrent. la dilatation est bien avancée déjà, et nous décidons de prendre le chemin de la salle de naissance...
on remet les couches, une par une, entre 2 contractions intenses...
et les enlevons sitôt en salle.
elle ne souhaite pas la moindre médicalisation, ainsi que son dieu le lui demande... je ne suis pas croyante, mais mon "dieu" à moi s'appelle physiologie, et ses souhaits me conviennent parfaitement... elle accepte mes massages qui soulagent le bas de son dos, et très vite son bébé pousse...
c'est tranquille qu'elle mettra au monde son enfant, qu'elle l'amènera à son sein...
et pour le retour dans la chambre, je ferais bien attention de recouvrir ses jambes et ses pieds sur la chaise roulante. comme je n'ai plus de chambre seule de libre, je l'installe dans la salle de préparation à la naissance, dans l'attente des sorties du lendemain... ainsi, elle peut ôter ses voiles et allaiter son petit sans craintes des regards extérieurs...
c'était un soir, à la tombée du jour, en plein ramadan... pas la même culture, pas la même croyance, pas les mêmes choix de vies... mais une jolie rencontre, et un respect mutuel pour une si belle naissance...
jeudi 12 juin 2014
vieillir
je sors d'une chambre lorsque je l'aperçois. son âge, sa chemise de nuit fleurie, tout m'indique qu'elle vient d'un des étages au-dessus ; il n'est pas rare que les patients des autres services s'égarent à la maternité...
- bonjour madame! venez, je vous ramène jusqu'à votre chambre!
- ne me touchez pas ou je porte plainte pour voie de faits!
elle est petite, frêle mais plutôt en forme physiquement... et je n'ai pas l'intention d'user de la force.
- je ne vous agresse pas, je veux juste vous montrer le chemin de l'étage!
mais elle prend l'escalier en direction de la sortie...
- je suis encore lucide, je sais qui je suis et où je vais!
on dirait, oui, effectivement... nous passons devant le standard et je fais signe de prévenir le service d'où elle vient... et la suit dehors, que puis-je faire d'autre?
- ne me touchez pas ou je vous aligne! au secours! prévenez la police, les gendarmes!
j'apprendrais plus tard qu'il y a peu, cette dame était active, pleine de vie , dynamique et aux centres d'intêrets multiples.
- je ne resterais pas ici! je ne suis pas démente!
mais les soignantes de son service arrivent, la prennent par le bras.
- alors ma jolie, on va remonter dans sa chambre hein, allez ma belle!
madame. pourquoi vous ne l'appelez pas madame?
je suis remontée en maternité. avec une boule dans le ventre.
- bonjour madame! venez, je vous ramène jusqu'à votre chambre!
- ne me touchez pas ou je porte plainte pour voie de faits!
elle est petite, frêle mais plutôt en forme physiquement... et je n'ai pas l'intention d'user de la force.
- je ne vous agresse pas, je veux juste vous montrer le chemin de l'étage!
mais elle prend l'escalier en direction de la sortie...
- je suis encore lucide, je sais qui je suis et où je vais!
on dirait, oui, effectivement... nous passons devant le standard et je fais signe de prévenir le service d'où elle vient... et la suit dehors, que puis-je faire d'autre?
- ne me touchez pas ou je vous aligne! au secours! prévenez la police, les gendarmes!
j'apprendrais plus tard qu'il y a peu, cette dame était active, pleine de vie , dynamique et aux centres d'intêrets multiples.
- je ne resterais pas ici! je ne suis pas démente!
mais les soignantes de son service arrivent, la prennent par le bras.
- alors ma jolie, on va remonter dans sa chambre hein, allez ma belle!
madame. pourquoi vous ne l'appelez pas madame?
je suis remontée en maternité. avec une boule dans le ventre.
dimanche 25 mai 2014
libre
je les ai accompagnés pour la naissance de leur premier enfant, il y a quelques années. jeune diplômée alors, je ne m'étais pas libérée de la médicalisation apprise à l'école et ma prise en charge notée dans le dossier ne serais sans doute pas la même à présent... mais ils gardent un excellent souvenir de cet accouchement et sont ravis que le hasard des gardes nous fasse de nouveau cheminer ensemble...
la dilatation est déjà bien avancée et l'intensité des contractions laisse penser à une naissance rapide... la péridurale souhaitée ne sera sans doute pas possible et je l'en informe. elle est seule en travail dans le service cette nuit là et le calme qui règne me permet de rester, heureusement, à ses côtés.
c'est debout qu'elle se sent bien, c'est donc debout qu'elle restera. c'est debout qu'elle commencera à pousser, debout que nous l'encouragerons. je ne l'examinerais pas, devinant sans peine la progression de son bébé, la poussant à se faire confiance et à écouter son corps. elle a juste besoin que je lui confirme que tout va bien...
et c'est debout, sans entrave, qu'elle mettra au monde son enfant...
elle dira plus tard à mes collègues que vraiment, elle ne regrette pas l'absence de péridurale, car elle se remet bien plus vite de cette naissance là... "et puis, finalement, la dernière phase qu'on pense la pire, est en fait la moins douloureuse... "
la dilatation est déjà bien avancée et l'intensité des contractions laisse penser à une naissance rapide... la péridurale souhaitée ne sera sans doute pas possible et je l'en informe. elle est seule en travail dans le service cette nuit là et le calme qui règne me permet de rester, heureusement, à ses côtés.
c'est debout qu'elle se sent bien, c'est donc debout qu'elle restera. c'est debout qu'elle commencera à pousser, debout que nous l'encouragerons. je ne l'examinerais pas, devinant sans peine la progression de son bébé, la poussant à se faire confiance et à écouter son corps. elle a juste besoin que je lui confirme que tout va bien...
et c'est debout, sans entrave, qu'elle mettra au monde son enfant...
elle dira plus tard à mes collègues que vraiment, elle ne regrette pas l'absence de péridurale, car elle se remet bien plus vite de cette naissance là... "et puis, finalement, la dernière phase qu'on pense la pire, est en fait la moins douloureuse... "
lundi 5 mai 2014
L'histoire de Louise C - épisode 11
A
l'occasion du 5 mai, journée internationale de la sage-femme,
les blogueurs sages-femmes vous invitent à voyager de billet en billet
pour découvrir l'histoire de Louise.
le début de l'histoire est ici ...
les autres épisodes:
épisode 2
épisode 3
épisode 4
épisode 5
épisode 6
épisode 7
épisode 8
épisode 9
épisode 10
le début de l'histoire est ici ...
ouf, enfin, je peux me poser! le service est un peu plein, on dirait que tous les bébés ont voulu naître ces derniers jours... mais les patientes ont toutes été vues, j'ai avec moi une étudiante sage-femme qui assure, et on a enfin pu manger un peu avant que j'attaque les divers papiers et les saisies informatiques, part obligatoire de mon boulot, mais avouons le, pas la plus passionnante... j'aurais préféré passer ce temps là auprès de mes patientes... allez, premier dossier de sortie, vérifions que les actes ont tous été codés dans le logiciel, et que le dossier est bien rempli... lettre de sortie pour le médecin traitant, au suivant! je soupire devant la pile devant moi, j'ai l'impression de perdre un temps précieux...
après les dossiers de sortie, vérifions les prescriptions médicamenteuses au niveau informatique... ah, ça, ils aiment l'ordinateur , à l'hôpital... sans penser à celles qui passent du temps devant au lieu d'être dans le service... tiens, j'ai rajouté un antalgique à la patiente césarisée du 20... et de la pommade anti-hémorroidaire à sa voisine... je clique, j'ai presque fini, ouf!
après les dossiers de sortie, vérifions les prescriptions médicamenteuses au niveau informatique... ah, ça, ils aiment l'ordinateur , à l'hôpital... sans penser à celles qui passent du temps devant au lieu d'être dans le service... tiens, j'ai rajouté un antalgique à la patiente césarisée du 20... et de la pommade anti-hémorroidaire à sa voisine... je clique, j'ai presque fini, ouf!
« vous me faites chier Sylvie, vous me faites chier! »
les cris qui m'alertent viennent de la chambre 12, la
chambre de Mme C. Mme C, petite chose fragile et discrète. Enfin
jusqu'ici. Pour l'instant, elle a surtout l'air d'une lionne, une lionne
qui aboie sur une femme
qui est tout son contraire, cheveux rouges flamboyants, vêtements
colorés et bijoux peu discrets. Sa belle-mère, sans doute, décrite par
ma collègue de nuit comme une femme envahissante qui semble vouloir
prendre la place de la jeune maman auprès du nouveau-né.
Entre les 2, l'étudiante sage-femme qui travaille avec moi
aujourd'hui. Les yeux écarquillés, elle tente de contenir la fureur de
notre patiente.
« c'est ma fille, vous entendez, ma fille! Vous n'êtes que
sa grand-mère! Si j'ai besoin de conseils, je les demanderais à des
professionnels! »
« j'ai été mère avant vous, ma petite! Je sais ce qu'il faut faire avec un bébé! »
l'étudiante se dégage du duo, me rejoint et m'explique en
quelques mots la situation. La belle-mère me chauffe les oreilles et je
suis contente que Mme C lui dise enfin ses quatre vérités... mais mon
rôle est, aussi,
de calmer les choses.
« mesdames, les autres mamans aimeraient sans doute se
reposer... que diriez vous de rentrer dans la chambre pour discuter
calmement? »
la belle-mère est rouge de colère et me prend à témoin de la façon dont la jeune maman vient de la traiter...
« souvenez vous lorsque vous êtes devenue maman... auriez-vous aimé que votre belle-mère s'impose de cette façon? »
« là n'est pas la question! C'est ma petite-fille et
j'entend bien avoir mon mot à dire dans la façon dont sa mère s'en
occupe! »
là, elle commence vraiment à me chauffer les oreilles, la belle-mère...
« mon fils a toute confiance en moi, il m'écoute, lui! »
Je me force à respirer, je n'ai pas à critiquer la belle-maman...
la toute nouvelle maman, elle, berce sa fille, soutenue par l'étudiante. « j'ai appelé Julien, de toute façon, il arrive »
il arrive, effectivement, et trouve un drôle de tableau dans la chambre. Sa femme le met rapidement au courant de la situation.
« ok maman, alors maintenant, on va mettre les choses au
point. C'est notre fille, notre bébé. Nous nous occuperons d'elle comme
nous le décidons, tous les 2. toi, tu es sa grand-mère. Tu n'as pas à
intervenir dans
son éducation. Nous t'accueillerons avec plaisir si tu viens nous rendre
visite, à une seule condition: que tu ne critiques jamais notre façon
de faire. Reste à ta place et tout ira bien. Dans le cas contraire, mon
choix sera vite fait... »
la belle-mère en reste interdite. Ma collègue libérale qui
avait suivi la grossesse m'avait parlé de ce fils « à maman », qui
n'avait visiblement pas encore complètement coupé le cordon, et avait
laissé sa mère
envahir l'espace du couple.
On dirait que le petit garçon vient de devenir un homme.
La belle-mère, vexée, sort de la chambre dans un claquement de porte.
Le jeune couple, lui, s'enlace autour du nouveau-né.
épisode 2
épisode 3
épisode 4
épisode 5
épisode 6
épisode 7
épisode 8
épisode 9
épisode 10
mercredi 30 avril 2014
formatée
"je veux pousser, je veux qu'elle sorte, j'ai envie de pousser!"
"mais, si vous avez envie, allez-y!"
"hein? comme ça? mais, euh... "
la jeune femme en face de moi est perdue. le travail a été rapide et elle n'a pas eu le temps d'avoir une analgésie.
elle s'attendait à ce que je l'installe, pieds dans les étriers, campée entre ses jambes, mains gantées, en lui disant quand pousser.
et voilà que je la laisse se placer comme elle le souhaite, et lui dit de pousser comme elle en a envie.
elle ne comprend plus rien.
elle tient à se mettre sur le dos, "ah non, on n'accouche pas sur le côté!", me réclame de quoi poser ses pieds (mes bras suffiront)...
et puis elle lâche enfin, pousse.
s'arrête.
"je n'y arrive pas, sortez la avec la ventouse!"
"vous allez couper hein? sinon ça va se déchirer!"
entre 2 poussées, j'explique que si, elle va y arriver, non, je ne sortirais pas la ventouse, et non, je ne couperais pas.
elle accouchera parfaitement bien, avec juste quelques points nécessaires.
mais se sent plus "choquée" par cette naissance là que par son premier accouchement.
où elle avait eu ventouse, épisio et délivrance artificielle.
"mais, si vous avez envie, allez-y!"
"hein? comme ça? mais, euh... "
la jeune femme en face de moi est perdue. le travail a été rapide et elle n'a pas eu le temps d'avoir une analgésie.
elle s'attendait à ce que je l'installe, pieds dans les étriers, campée entre ses jambes, mains gantées, en lui disant quand pousser.
et voilà que je la laisse se placer comme elle le souhaite, et lui dit de pousser comme elle en a envie.
elle ne comprend plus rien.
elle tient à se mettre sur le dos, "ah non, on n'accouche pas sur le côté!", me réclame de quoi poser ses pieds (mes bras suffiront)...
et puis elle lâche enfin, pousse.
s'arrête.
"je n'y arrive pas, sortez la avec la ventouse!"
"vous allez couper hein? sinon ça va se déchirer!"
entre 2 poussées, j'explique que si, elle va y arriver, non, je ne sortirais pas la ventouse, et non, je ne couperais pas.
elle accouchera parfaitement bien, avec juste quelques points nécessaires.
mais se sent plus "choquée" par cette naissance là que par son premier accouchement.
où elle avait eu ventouse, épisio et délivrance artificielle.
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